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VRAIS ET FAUX AFICIONADOS

Christophe Hondelatte, journaliste de radio et de télévision, est natif de Bayonne, la plus ancienne cité taurine de France : c’est à Bayonne, en 1853, qu’eut lieu la première corrida organisée en France. Très attaché à sa ville natale, Christophe Hondelatte y retourne presque chaque semaine, chaque fois que son métier le lui permet. En 2009 il a accordé à une revue taurine un entretien où il déclare notamment qu’à Bayonne, pour être reconnu comme un Bayonnais authentique, il faut réunir 3 conditions :

Participer aux fêtes de Bayonne (ce qui implique de porter l’uniforme blanc à foulard rouge des fêtards locaux)
Assister aux matches de rugby
Assister aux corridas

Si on n’est pas amateur de corridas, déclare l’interrogé, on n’est pas vraiment considéré comme Bayonnais. « On va donc souvent à la corrida pour se compter, pour pouvoir dire : « je suis de ce petit univers ».Tout ça est assez agaçant. »conclut Christophe Hondelatte.

Ce qui est dit ici de Bayonne pourrait être dit d’autres villes taurines. Que devons-nous en conclure ?
Comme l’abeille ou la fourmi, l’homme est un animal social qui a besoin de s’intégrer dans la société où il vit. Nous avons besoin d’être acceptés, reconnus et même appréciés par notre entourage. A cette fin nous nous soumettons à des coutumes, nous adoptons des comportements, nous affichons des goûts qui ne sont pas les nôtres. D’après la revue taurine « Tendido » la France entière ne compte pas plus de cinq mille amateurs sincères de corrida aimant la corrida pour elle-même. La grande majorité des spectateurs n’assiste donc pas à ce spectacle par passion tauromachique mais pour d’autres raisons.
Les propos d’Hondelatte fournissent un tremplin à la réflexion. Fréquenter les arènes, c’est manifester non seulement qu’on est intégré à une certaine société mais surtout qu’on appartient à la « bonne » société. En effet le prix de plus en plus élevé des places de corrida exclut de ce spectacle les couches populaires. Se montrer dans une arène c’est donc afficher « qu’on a réussi » dans la vie. D’autre part  la corrida se prétend un spectacle de grande valeur esthétique et culturelle. Se montrer dans une arène c’est donc aussi afficher qu’on appartient une élite esthético-culturelle.